Climatologie
et Nivologie
Une zone climatique particuliére
Situées
à l'extrême Sud de l'arc alpin, les Alpes dites “maritimes”
bénéficient d'un enneigement parfois capricieux en
début de saison, mais qui est souvent très satisfaisant
ensuite, de janvier à mai.
La situation géographique de ce massif, compris entre la
vallée du Rhône, le golfe de Gênes et la plaine
du Pô, lui confère un régime climatique original.
Deux types principaux de perturbations apportent de la neige sur
notre département : les flux d'Ouest et les flux de Sud-Ouest
à Sud-Est, les autres restant des phénomènes
isolés qui ne donnent que des chutes de neige très
minimes.
Les flux d'Ouest
Ce sont les perturbations classiques que les présentateurs
du bulletin météo annoncent d'un laconique “arrivée
par l'Ouest d'une nouvelle perturbation”. Ces entrées
atlantiques perdent beaucoup de leur vigueur au cours de la traversée
de notre pays et les précipitations qu'elles peuvent engendrer
sont généralement faibles sur les Alpes du Sud. Ce
sont les vallées ouvertes vers l'Ouest qui reçoivent
le plus de précipitations. Les vallées de la Tinée,
de la Vésubie et a fortiori de la Roya, tournées vers
la Méditerranée sont bien souvent épargnées.
Les flux de Sud-Ouest à Sud-Est
Ils
sont liés à une arrivée d'air polaire sur l'Espagne.
Le contact entre l'air froid arctique, humidifié par son
trajet atlantique, et l'air chaud méditerranéen, chargé
d'humidité, engendre des dépressions actives, qui
vont traverser le bassin méditerranéen. À l'avant
de ces dépressions, les flux s'orientent du Sud-Ouest au
Sud-Est et frappent de plein fouet les Alpes du Sud : le Mercantour
se trouve alors en première ligne. D'une durée limitée
(1 à 2 jours ou plus si la dépression reste bloquée
sur le golfe de Gênes), les précipitations peuvent
produire plus d'un mètre de neige sur nos massifs.
La fin du mauvais temps se marque par de fortes intempéries
sur les vallées italiennes : ce sont alors les périodes
de “lombarde” où le vent, traversant la plaine
du Pô, s'engouffre dans les différentes vallées
italiennes pour donner des bourrasques de neige et remonter jusqu'aux
crêtes frontières notamment dans les secteurs d'Isola
2000, du Boréon et de la Madone de Fenestre.
L'Enneigement des Alpes-Maritimes
À
la fin de l'été, vers la mi-septembre, se produisent
les premières chutes de neige sur les hauts sommets. Celles-ci
ne durent généralement pas et il faut attendre fin
octobre et les mois de novembre et décembre pour que se constitue
une première sous-couche importante au-dessus de 2 000 m.
C'est durant les mois de janvier et février que se formera
vraiment le manteau neigeux grâce à des chutes plus
sérieuses. Cependant nous avons connu de 1988 à 1992
des mois de janvier anticycloniques froids et secs.
Fin
mars-début avril, au moment de l'équinoxe, se produisent
souvent des chutes abondantes en altitude, suivies par des périodes
de mistral.
À partir de la mi-avril, la neige est très ramollie
et les versants Sud se dégarnissent rapidement alors que
les versants Nord restent souvent skiables jusqu'à mi-mai.
Sur le long terme, les Alpes-Maritimes se caractérisent
par un enneigement irrégulier : à des années
(ou des périodes) de bon enneigement succèdent des
années d'enneigement très médiocre. Ainsi certains
hivers se sont révélés catastrophiques pour
l'économie des hautes vallées (1981, 1992, 1993, 2002),
alors que les décennies 60 et 70 avaient été
particulièrement favorables.
Il
faut dire qu'un léger réchauffement des températures
moyennes peut avoir un effet important sur la limite inférieure
de l'enneigement. Ainsi on a pu constater qu'au cours des vingt
dernières années, cette limite inférieure moyenne
d'enneigement était passée de 1 500 m à 1 800
m.
Les avis divergent quant à la poursuite de ce réchauffement
pour les décennies à venir.
Mais il suffit de si peu de choses pour modifier sensiblement un
climat !
Les avalanches
Avalanches de poudreuse
Elles proviennent d'une accumulation de neige fraîche sur
des pentes fortes ; très dangereuses, car une petite vague
peut tuer simplement par asphyxie de neige pulvérulente,
elles sont aussi redoutables par leur effet de souffle et leur grande
rapidité (jusqu'à 400 km/h). Elles peuvent se déclencher
par grand froid malgré une croyance tenace qui assimile “avalanche”
et “température élevée”.
Avalanches de plaque
C'est
l'ennemi n° 1 du randonneur (75 % des accidents mortels). Elles
se forment lorsqu'une neige à forte cohésion (neige
ventée par exemple) repose sur une surface qui ne lui assure
pas un bon ancrage (neige croûtée, neige en gobelets).
L'avalanche se produit alors au niveau d'une rupture de pente du
terrain, là où la résistance de la neige est
la plus faible, lors du passage d'un ou plusieurs randonneurs.
Avalanches de neige humide
Fréquentes lors de la fonte printanière, ce sont
des avalanches lourdes et puissantes liées à une période
de redoux. L'eau de fonte qui s'infiltre diminue la résistance
de la couche en supprimant les liens entre les grains et forme une
pâte visqueuse de faible cohésion. Celle-ci glisse
vers l'aval en formant de grosses boules de neige sale. Ces coulées
entraînent souvent toutes les couches sur leur passage et
leur densité les rend extrêmement destructrices. Cependant,
elles sont localisées dans des couloirs en général
bien connus et répertoriés.
L'Échelle des risques
1.
Faible
Le manteau neigeux est bien stabilisé dans la plupart des
pentes. Seules des coulées ou de petites avalanches peuvent
se produire spontanément.
2. Limité
Dans quelques pentes suffisamment raides, le manteau neigeux n'est
que modérément stabilisé, ailleurs il est solide.
Des départs spontanés d'avalanches de grande ampleur
ne sont pas à redouter.
3. Marqué
Dans de nombreuses pentes suffisamment raides, le manteau neigeux
n'est que modérément à faiblement stabilisé.
Dans certaines situations, quelques départs spontanés
d'avalanches de taille moyenne et parfois assez grosse sont possibles.
4. Fort
Le manteau neigeux est faiblement stabilisé dans la plupart
des pentes suffisamment raides. Dans certaines situations, de nombreux
départs spontanés d'avalanches de taille moyenne et
parfois grosse sont à attendre.
5. Très fort
L'instabilité du manteau neigeux est généralisée.
De nombreuses et grosses avalanches se produisant spontanément
sont à attendre, y compris en terrain peu raide réputé
non dangereux.
Les qualités de neige
La neige poudreuse
La
neige est formée de petits cristaux hexagonaux en forme d'étoiles
qui s'entrelacent pour donner les flocons. Une fois au sol, ceux-ci
perdront rapidement la consistance duveteuse et le feutrage qui
donnaient cette sensation de flotter littéralement sur les
éléments. C'est au cœur de l'hiver le temps de
la “poudreuse”, très prisée par les amateurs
des différentes disciplines hivernales.
La neige ventée
Après
une importante chute de neige, il arrive souvent que le vent souffle
violemment (lombarde, mistral). Les étoiles se brisent et
subissent le phénomène de “frittage” qui
soude les petits cristaux les uns aux autres.
Il se forme des surfaces rigides, lissées par le vent. Les
fameuses “plaques à vent” s'épaississent
dans les zones de dépôt “sous le vent”,
et le long des crêtes se forment des corniches parfois spectaculaires.
La neige croûtée
Fréquente
sur les adrets en plein hiver, mais aussi à l'ubac plus tard
en saison, la neige croûtée provient de la fonte de
la couche superficielle le jour et d'une prise en masse par le gel
la nuit.
La glace cimente alors cette partie superficielle pour donner une
croûte peu épaisse, cartonneuse, qui peut casser sous
le poids du randonneur. Enfouie sous une autre couche de neige,
elle devient un plan de glissement particulièrement redoutable.
La neige de printemps
Si la température est positive, de l'eau de fonte apparaît
et circule dans la couche de neige. La nuit, par effet de recristallisation,
les grains s'arrondissent et se soudent entre eux. C'est la “neige
de printemps”, ou neige à grains ronds, qui fait le
plaisir des skieurs de randonnée, le matin. C'est aussi pour
les retardataires la “soupe” des descentes inondées
de soleil.
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