Introduction
Le haut pays des Alpes-Maritimes
Le Haut Pays des Alpes-Maritimes, adossé à la crête
frontière avec le Piémont italien, déroule
ses vallons encaissés et ses multiples cimes entre 1 500
et 3 000 m, pour culminer parfois au-delà, du mont Ténibre
(3 031 m) au mont Clapier (3 045 m) en passant par le géant
local, le Gélas avec ses 3 143 m.

Il s’agit sans nul doute d’une des grandes destinations
alpines françaises que l’Etat a d’ailleurs classée
“Parc National” dès 1979 en reprenant le nom
de l’ancienne réserve nationale de chasse créée
en 1946 : le Mercantour.
C’est un espace attachant qu’on aimera parcourir au
fil des vallées orientées Nord-Sud, arrosées
par des rivières aux eaux pures qui maintiennent en maint
endroit de véritables oasis de verdure même au plus
chaud de l’été.
Les névés éternels des hautes combes, une
faune d’une densité exceptionnelle complètent
la richesse d’une flore réputée, souvent endémique.
Alors, au départ des villages traditionnels comme depuis
les stations de ski en manteau estival, combien de courses matinales
sur les arêtes, combien de randonnées plus paisibles
sur les cols ou autour des lacs attendent le visiteur !
Celui-ci trouvera dans le haut pays des Alpes-Maritimes les traces
d’une occupation séculaire de la montagne : des cabanes
d’alpages aux enclos de pierre, des chemins muletiers aux
immenses alpages en passant par les nombreux “écarts”
(hameaux excentrés), on vérifiera combien nos vallées
portent témoignage d’une économie agro-pastorale
qui a jadis investi tout l’espace montagnard durant la belle
saison.
On pourra dire que sans atteindre à la splendeur des paysages
glaciaires des très hauts massifs, le Mercantour possède
un atout majeur grâce à l’extrême diversité
de ses paysages qui déroulent leurs mille facettes au fil
des vallées : grandes étendues du haut Var, pélites
rouges du Cians, lacs de la haute Tinée, cimes altières
de la Vésubie, forêts de la Bévéra et
aussi “merveilles” de la Roya, rares sont les régions
pouvant offrir un tel cocktail à quelques encablures de distance.
Le guide RandoPédestre consacré au Haut Pays s’efforce
de présenter une sélection de parcours à l’intérieur
de ces différents sites pour en appréhender au mieux
l’incroyable diversité, mais il appartiendra bien sûr
à chacun d’inventer de nouveaux itinéraires
sillonnant vallons, cols et crêtes.
Le pays aux 100 villages ...
Des villages et hameaux du moyen pays, on retiendra avant tout
l’esthétique et l’harmonie de l’architecture,
les couleurs pastel fondues dans un environnement champêtre,
les toits de tuiles rondes ou d’ardoises qui émaillent
un paysage verdoyant aux lignes équilibrées.

Châteaux et citadelles, vestiges d’enceintes, ruines
moyenâgeuses, ruelles pavées, chapelles ou églises
classées apportent leur note historique, démontrant
à l’envi que des siècles durant la vie économique
et culturelle de l’extrême Sud des Alpes a connu une
grande intensité.
Aujourd’hui,
reconvertis dans le tourisme vert, abritant en leur sein auberges
communales ou gîtes ruraux, les villages du moyen pays organisent
leur devenir autour de leurs richesses naturelles que vient optimiser
un regain de l’activité agricole et de l’élevage
: les vacanciers y jouiront de ces étés flamboyants
où l’on peut goûter les saveurs du climat méditerranéen,
mais il ne faudra pas pour autant négliger le printemps avec
ses verts tendres et ses éclosions de primevères ou
de soldanelles, ni l’automne et ses teintes rouge-orangées
qui envahissent les versants boisés de feuillus.
Pour le visiteur, la découverte pédestre de ces jolis
bourgs témoins des âges passés et de leurs campagnes
paysagées permettra d’oublier un instant les contraintes
de la civilisation urbaine et de revivre à sa manière
la grande épopée montagnarde écrite durant
le deuxième millénaire.
... et aux 100 visages
Jadis nourricier et même généreux malgré
un relief souvent hostile et une terre ingrate, le moyen pays des
Alpes-Maritimes offre au randonneur une nature humanisée
où cohabitent les diverses facettes d’une économie
agro-pastorale séculaire.
Si souvent la forêt reprend ses droits depuis quelques décennies
et envahit inexorablement les audacieuses restanques (terrasses
de culture), on pourra admirer çà et là les
fières bastides des plateaux calcaires ou les modestes granges
aux toits de chaume des vallons ignorés, les bories de pierre
ou les casouns typiques qui abritaient bergers et paysans au gré
de leurs migrations saisonnières.
Ici une source de tuf, là un torrent résurgent se
jetant en cascade dans des gorges creusées au fil des millénaires
ou encore des canaux d’irrigation inventifs traversant éperons,
parois ou précipices : autant de signes de l’omniprésence
de l’eau ...
Champs de labour, prés de fauche, arbres fruitiers, forêts
de production, reboisements patients, autant d’empreintes
des soins attentifs de générations laborieuses.
Et puis bien sûr les senteurs mêlées de la flore
méditerranéenne, ce savoureux cocktail de lavande,
de thym, de romarin, de genêts qui embaument tour à
tour les versants chauffés par un soleil ardent.
Justement, le soleil trouve en ces lieux abrités par un relief
escarpé où s’imbriquent vallons et croupes,
plaines et crêtes, un territoire idéal pour faire régner,
été comme hiver, sa toute-puissance : si les adrets
paient parfois un lourd tribut aux incendies, on saura malgré
tout goûter ce climat à l’aménité
rare qui caractérise le moyen pays des Alpes-Maritimes.

D’ailleurs la randonnée pédestre, pour peu
qu’on évite les plus redoutables canicules estivales,
s’y pratiquera au rythme des saisons, quasiment tout au long
de l’année.
Si certains hivers neigeux enveloppent soudain les crêtes
d’un linceul blanc, une subite hausse de température
ou une pluie sournoise auront tôt fait de redonner au paysage
sa physionomie habituelle.
D’une vallée à l’autre, les routes quant
à elles sillonnent sans faiblesse plis et replis, contournent
les crêtes ou enjambent les canyons, relient entre eux hameaux
et villages où les habitants maintiennent les traditions
transmises au fil des siècles : la gastronomie
locale, simple et goûteuse, enrichit notamment de sa variété
ce terroir attachant.
Ainsi à quelques kilomètres du littoral, un réservoir
inépuisable de balades en moyenne montagne apportera au visiteur
venu de Cannes, Nice ou Menton un dépaysement complet, depuis
la Siagne à l’Ouest du département jusqu’à
la Roya à l’Est, en passant par le Loup, l’Estéron,
le Var, la Tinée, la Vésubie, la Bévéra
et le Paillon.
La sélection d’itinéraires présentée
dans ce guide, pour incomplète et empirique qu’elle
soit, s’est efforcée de retracer au mieux la diversité
des horizons de ces vallées à l’accent chaleureux
qu’on appelle le moyen pays des Alpes-Maritimes.
La Côte d'Azur, à l'Est de Nice
Entre Nice et Menton, la synthèse des paysages de l'arc
alpin finissant et des rivages abrupts de la Méditerranée
justifie pleinement la dénomination d'Alpes-Maritimes : on
culminera souvent au-dessus de 1000 m, le regard embrassant aussi
bien les lointaines cimes du Mercantour que les plages de la Riviera
mentonnaise, les villages de l'ancien comté niçois
ou les buildings monégasques.
Arpentant les caps ou lancés à l'assaut des corniches
et des bastions calcaires, les sentiers sillonnant les pays niçois
ou mentonnais séduiront les amateurs de marche et de découverte
tout au long de l'année grâce à un climat d'une
douceur privilégiée et à des paysages grandioses.
Ces contrées abritées des vents du Nord par un relief
hardi bénéficient en effet de conditions enviables
qui ont permis la croissance d'une flore endémique ou exotique
au gigantisme parfois démesuré, comme l'attestent
les magnifiques parcs ou jardins dont se parent les villas de maître.
De Levens à Peille en passant par Contes ou Coaraze, les
vastes olivaies du comté niçois couvrent les collines
argentées par l'arbre nourricier alors que plus à
l'Est, vers Èze, Roquebrune ou Menton, les restanques complantées
d'essences précieuses ou d'agrumes colorés s'accrochent
à des balcons de vertige au-dessus des flots.
Adossés aux falaises ou juchés sur des éminences,
les villages aux venelles pavées étagent leurs hautes
demeures qui fleurent une sérénité acquise
au prix de siècles d’histoire, invitant les randonneurs
à quelque halte bienvenue.
La Côte d'Azur, à l'Ouest de Nice
À l'Ouest du Var, la Côte d'Azur se pare progressivement
d'un large manteau vert et si les métropoles de Cagnes-sur-Mer,
Antibes, Cannes ou Grasse connaissent un essor urbanistique conséquent,
on pourra mesurer l’étendue des espaces naturels en
gravissant les “baous” calcaires du pays vençois,
les “puys” du pays grassois ou les collines de l'Estérel.
Pour être rares, les balades en bordure de rivage dépaysent
complètement et l'on sera surpris d'y découvrir un
littoral farouche aux roches dentelées du côté
du cap d'Antibes, des îles de Lérins ou de la pointe
de l'Aiguille, loin des marinas, des plages ou des ports de plaisance.
Dès qu'on s'écarte de la côte, une dominante
sylvestre investit le paysage, alternant chênaies et pinèdes,
olivaies et parcs naturels avec sur les contreforts de Mandelieu-la-Napoule
ou Théoule-sur-Mer un feu d'artifice de mimosaies au jaune
éclatant sous le soleil chaleureux de l'hiver méditerranéen.
Plus haut, les belvédères préalpins entourant
la profonde percée du Loup, frôlent ou dépassent
même les 1000 m d'altitude : ils permettront d'admirer un
panorama d'une exceptionnelle ampleur et d'un équilibre pictural
remarquable où se fondent le vert et le bleu, seulement séparés
par la fine ligne blanche de la mégalopole côtière.
Les villages médiévaux, fiers de leur héritage
architectural, ouvrent leurs remparts au visiteur, alignant boutiques
d’artisanat, ateliers de sculpture ou de poterie, galeries
de peinture ou tables raffinées et il fera bon arpenter leurs
ruelles au hasard d’un périple autour de Vallauris,
Biot, Valbonne, Auribeau-sur-Siagne, Gourdon, Tourrettes, Saint-Paul
ou encore Saint-Jeannet.
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